Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 23:00

Série : Les lieux d'art contemporain à Paris - partie 1/4

Parce que vous êtes nombreux à avoir des préjugés sur l'art contemporain alors que de nombreux lieux lui sont dédiés et poussent à Paris comme des champignons, j'ai visité pour vous quatre "hauts lieux" parisiens pour vous inciter à y mettre les pieds.

 


 ♥♥♥ Bien
S'arrêter  à l'Espace culturel Louis Vuitton est du dernier chic pour certains, sa situation géographique (situé au 7ème étage de la boutique des Champs-Elysées - accès par le 60, rue de Bassano) attire ainsi nombre de visiteurs, français comme étrangers, qui viennent se confronter par intérêt profond ou par simple curiosité aux oeuvres d'artistes du monde entier.

Rendez-vous est pris un dimanche, à l'heure du déjeuner, choix stratégique pour éviter la masse de japonaises, éperdues d'amour pour la "French touch". 
Je m'attendais à ce que la visite commence en haut de ce belle immeuble... j'eus la joie de découvrir l'exposition temporaire, intitulée La Confusion des Sens (jusqu'au 10 janvier 2010) dès mon arrivée dans la rue de Bassano, derrière une vitrine.

Là, au vu et au su de tous, Snow Crash de Didier Fiuza Faustino se dévoile et m'interpelle. Qu'est-ce donc que ces toiles blanches où l'on peut lire "Estate of Real / State of Unreal" ? Cinq minutes plus tard, le nez collé à la vitrine, je comprends que l'artiste a joué avec la matière pour faire ressortir ces quelques mots, compulsivement, violemment de la toile.

Entrée de la Maison Louis Vuitton, je m'engouffre un peu intimidée dans le hall de la prestigieuse enseigne et appuie sur le bouton de l'ascenseur. Une charmante hôtesse m'accueille dans cet espace clos (recouvert de tissu noir mat) censé jouer l'unique rôle d'ascenseur et me demande si je suis claustrophobe. Je ne le suis pas et j'ai de la chance, me dit-elle, car je vais vivre "une expérience unique" : monter au 7ème étage... dans le noir le plus complet. A peine me suis-je faite à l'idée que les portes se referment et nous plongent dans un noir profond et inquiétant. Je ne peux m'empêcher de lui parler pendant l'ascension comme pour me rassurer, puis de sourire à l'idée des mains d'hommes baladeuses qui ont dû courir sur son corps. L'oeuvre de l'artiste danois Olafur Eliasson, assurément autant charmante que perturbante a probablement dû perturber ces messieurs...
Arrivée au lieu tant convoité, les portes de l'ascenseur s'ouvrent et me font passer d'un noir profond à un espace de 400 m2 aux murs immaculés et aux larges fenêtres qui m'attirent comme un aimant. La vue sur Paris est superbe, je me sens privilégiée.
Munie d'une fiche descriptive des huit oeuvres installées depuis le 18 septembre dernier, je savoure mon entrée dans cet espace incontournable inauguré en janvier 2006 par Bernard Arnault, PDG de la marque. Je passe entre deux portes de plastique et découvre ainsi Poltergeist (de Olafur Eliasson), une oeuvre qui interroge "aussi bien la face que le revers" et qui joue avec la matière puis, je contemple deux gros cubes de plastique ouverts en leur sommet. Atoll de Laurent Saksik est intéressant car nous rapproche du ciel d'une certaine manière : une caméra projette dans le fond des cubes le ciel, capté en direct.

 

La traumathèque est réservée à ceux qui n'ont pas les moyens de se payer un psy...


La 3e oeuvre, La Traumathèque de Berdaguer & Péjus me fascine littéralement. Installée dans un siège rond en plastique, suspendu par de lourdes chaînes, je jette un oeil, intriguée, à mon environnement : un lecteur de cassette VHS est posé devant moi sur une table basse ainsi qu'une pile de feuilles à signer donnant autorisation à l'artiste d'utiliser l'enregistrement... c'est au visiteur de s'inscrire dans l'oeuvre des plasticiens.
Christophe Berdaguer et Marie Péjus attendent de vous une totale collaboration, une fouille dans votre Moi profond pour faire ressortir une ou plusieurs confidences sur un traumatisme récent ou passé. L'enregistrement de votre "trauma" vient ensuite enrichir la "traumathèque" (bibliothèque où sont rangées des cassettes VHS avec des inscriptions telles que " Rupture d'anévrisme, 1998", "Période intra-utérine, naissance par le siège, 4/2/62", "Papa brise le portrait du Christ avec son soulier", etc.) installée derrière l'écran. Réservé à ceux qui n'ont pas les moyens de se payer un psy ou n'ont pas peur de révéler leurs secrets à des inconnus !

S'ensuit quatre autres oeuvres, des moins intéressantes ou plus surprenantes : Ecriture Nocturne de Renaud Auguste-Dormeuil m'a donné mal au crâne avec sa petite pièce de papier peint blanc "gaufré imprimé en braille", éclairée violemment par des dizaines de néons. La bande sonore, égrainant des noms de code militaires a ajouté une pointe de rejet à mon sentiment de malaise, me faisant me réfugier bien vite vers Orange de Véronique Joumard. C'est l'histoire d'un mur recouvert de peinture orange thermosensible qui réagit à une source de chaleur. Pas plus de détails ici pour vous laisser tester in-situ cette composition colorée amusante.

ESD de Céleste Boursier-Mougenot m'a enveloppé d'une brume lumineuse et blanche dans une pièce ronde, pour me couper du lieu et ainsi attirer mon attention sur des sonorités habituelles chez soi (sons remixés d'activités domestiques) mais singulières dans un espace dédié à l'art. Les murmures diffusés par les haut-parleurs deviennent angoissants à mesure que l'opacité de la pièce s'accentue. Perte de repères assurée !

La visite s'achève par la contemplation de cinq petites peintures qui interpellent le visiteur du fait de leur format, de la technique picturale utilisée et des thèmes abordés. Sont-elles anciennes ou contemporaines ? C'est cette ambigüité que cultive Laurent Grasso avec Studies into the past. Rien de subjuguant ni de très créatif, j'en suis ressortie désenchantée.

L'Espace Louis Vuitton, agréable à tous points de vue, ne vous laissera pas indifférent car il allie esthétisme, recherche artistique et hauteur de vue ! Toutefois, le concept n'a rien d'original puisque le luxe et l'art n'ont jamais été aussi étroitement liés qu'aujourd'hui, chaque marque, entité se devant de posséder son centre d'art contemporain, ce qui finira peut-être par lasser le public et casser l'engouement pour un art qui défraye toujours autant la chronique.

 


Informations pratiques :
60, rue de Bassano (8e),
Entrée gratuite,
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 19h - dimanche de 11h à 19h. 

Publié dans : J'ai testé pour vous - Par Anne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Follow me on

Twitter ArtsMajeurs

 Ma Page sur Hellocoton

Derniers Commentaires

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés